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News18 mai 2026

Sorry I’m Bad de Himra, le projet qui change la donne pour la drill ivoirienne

Sorry I’m Bad de Himra, le projet qui change la donne pour la drill ivoirienne

Il y a deux ans, personne en dehors d’Abidjan ne savait vraiment placer Himra sur une carte. Aujourd’hui, son album Sorry I’m Bad est distribué par Sony Music France, avec une tracklist de seize morceaux et neuf invités dont Leto, La Fouine, Gazo, M24 et Zlatan. Le 28 mai 2026, jour de ses 28 ans, le rappeur ivoirien sort le projet le plus ambitieux de sa carrière. Et quand on regarde le détail du tracklisting, on comprend qu’on n’est plus dans le simple album rap ivoirien. On est sur un projet construit comme une stratégie de conquête.

Pourquoi Sony Music France change tout

Avant d’entrer dans la musique, il faut s’arrêter sur cette info. Sorry I’m Bad est distribué par Sony Music France. Pas une branche Africa, pas un sous label local. La maison mère française. C’est rare, c’est lourd de sens, et ça raconte ce que Himra est en train de devenir.

Concrètement, ça veut dire un budget marketing à la hauteur, une présence en playlist sur les plateformes françaises, des relais médias en France et au delà. Pour un rappeur ivoirien qui chante en nouchi, c’est un saut de niveau majeur. Très peu d’artistes africains francophones ont accédé à ce type de partenariat à ce stade de leur carrière.

Et ce détail explique aussi le casting des featurings. On ne fait pas signer Leto, La Fouine et M24 sur un album sans un appareil de production capable de gérer ce genre de plateau.

La tracklist complète de Sorry I’m Bad

Himra a officialisé la liste des seize morceaux. Voici l’ordre exact du projet.

1. Kaba

2. Bara Bara

3. Plus De Love

4. Ma Haine

5. Strip feat. Gazo

6. Canaliser

7. Anxiété feat. Elgrande Toto x La Fouine

8. Destresse Jazz

9. Transition

10. Naigaidjan

11. Bitch & Money feat. Baby Daiz x Zlatan

12. Young Rich Papi feat. Leto

13. No FIFA feat. M24

14. Dycoco

15. N’Taxaire feat. Enfant Noir x Philipayne

16. Wilfried Zaha

Ce qui frappe dans ce séquençage, c’est la patience. Les quatre premiers morceaux sont des solos. Himra pose son univers avant d’ouvrir la porte aux invités. Le premier featuring n’arrive qu’en cinquième position avec Gazo sur Strip. C’est inhabituel et c’est plutôt sain. Sur beaucoup d’albums commerciaux modernes, on te balance la grosse collab dès le morceau deux pour accrocher l’auditeur. Himra fait l’inverse.

Et puis il y a le morceau 16, Wilfried Zaha. Pour ceux qui ne suivent pas le foot, c’est l’ancien international ivoirien passé par Crystal Palace, désormais à Charlotte FC. Un symbole national fort pour clore l’album. Une revendication d’identité ivoirienne en plein cœur d’un projet pensé pour l’international.

Chaque featuring couvre une zone géographique ou un segment d’audience précis. Quand tu ajoutes la distribution Sony Music France au dessus de tout ça, tu obtiens une machine commerciale qui ne ressemble à aucun autre album de rap africain sorti cette année.

Le morceau Anxiété mérite qu’on s’y arrête. Réunir Elgrande Toto et La Fouine sur un même titre, c’est une signature symbolique forte. La Fouine est le rappeur que Himra a souvent cité comme sa porte d’entrée dans le rap français. Elgrande Toto représente la nouvelle vague du rap nord africain qui cartonne sur YouTube. Mettre les deux sur un morceau qui s’appelle Anxiété, c’est un clin d’œil thématique réussi.

Pour répondre à la question que beaucoup tapent sur Google. Sorry I’m Bad de Himra est un album de seize titres distribué par Sony Music France, sorti le 28 mai 2026, avec neuf invités dont Leto, La Fouine, Gazo, M24, Elgrande Toto et Zlatan. Le projet marque le passage du rappeur d’Abidjan à une dimension internationale tout en gardant son ADN drill ivoirien.

Une construction d’album qui tient la route

Au delà du casting, ce qui m’intéresse dans cette tracklist, c’est la structure narrative. Les titres parlent. Kaba, Bara Bara, Plus De Love, Ma Haine sur les premiers morceaux. On démarre dans la rue, dans l’argot, dans le ressentiment. Puis on passe à Strip, Canaliser, Anxiété. On entre dans le doute, dans la pression. Destresse Jazz et Transition arrivent comme des respirations au milieu du projet. La deuxième moitié remonte en énergie avec Naigaidjan, Bitch & Money, Young Rich Papi, des titres qui sonnent plus revendicatifs et hédonistes.

Honnêtement, ce séquençage ressemble à un travail d’album, pas à une compilation de singles posés les uns à côté des autres. Beaucoup d’artistes oublient ça aujourd’hui. La playlist a tué l’idée même d’album construit. Himra a l’air d’avoir résisté.

Le risque de la dilution, vraiment ?

Soyons honnêtes une seconde. Avec autant de featurings différents et une distribution française, le risque de perdre l’identité du projet est réel. C’est le piège classique des albums dits internationaux. Tu mets tout le monde dessus et l’album devient une compilation sans âme.

Les extraits sortis depuis mars ne vont pas dans ce sens, et c’est rassurant. Plus de Love sonne sombre, brut, fidèle. Le morceau titre avec Leto fonctionne parce que Leto a accepté de venir dans l’univers de Himra, pas l’inverse. La connexion Babi-Paname comme l’a teasé l’équipe sur les visuels promotionnels.

Le fait que les quatre premiers morceaux soient des solos est aussi un signal fort. Himra pose qui il est avant de présenter qui il fréquente. Peu d’artistes font ce choix là quand ils ont un casting pareil sous la main.

Qui est Himra ?

Himra, de son vrai nom Bakayoko Abdul Rahim, est un rappeur ivoirien né le 28 mai 1998 à Abidjan. Figure majeure de la drill ivoirienne, il a signé chez Def Jam Recordings Africa en 2021. Son album Jeune & Riche a été certifié diamant en Côte d’Ivoire. Il revendique des influences allant de La Fouine à Travis Scott et A$AP Rocky.

Pourquoi un morceau s’appelle Wilfried Zaha ?

Wilfried Zaha est l’ancien international ivoirien de football, passé par Crystal Palace et désormais à Charlotte FC. Le titre clôt l’album et fonctionne comme un hommage et une revendication d’identité ivoirienne. C’est un choix éditorial fort pour terminer un projet construit pour l’international. Himra rappelle d’où il vient juste avant de partir à la conquête d’ailleurs.

Reste à voir si Himra réussit le grand écart sur l’intégralité du projet. Les signaux sont au vert, le plateau est solide, la stratégie est lisible, et la construction du tracklisting montre un vrai travail d’album. Si l’écoute tient ses promesses, on pourrait bien tenir le projet rap africain le plus marquant de 2026, et le premier vrai pont structurel entre Abidjan et le rap mainstream français.